Entre deux pelures de carotte

18 Mai

Je n’ai jamais connu ma première ma grand-mère, parfois PaJo nous évoque quelques anecdotes de sa jeunesse avec elle (sa première femme) mais je sens que c’est tabou. Parce que c’était y a longtemps. Parce qu’il a eu beaucoup de conquêtes, parce qu’il a une autre femme aujourd’hui, parce que c’était un papa très strict et que j’ai du mal à faire coller cette image avec le PaJo d’aujourd’hui, tout bourru qu’il soit. Aujourd’hui, c’est mon seul grand-parent vivant.

J’ai perdu mon autre grand-mère il y a 3 mois.  Elle ne m’a jamais parlé de son enfance, de sa jeunesse…à mon grand regret. Sa soeur que mes parents avaient invité il y a deux ans, m’en a appris plus en une après-midi que Mamie depuis que je suis enfant. Et Papi était dans l’échange du quotidien, mais pas dans le souvenir. Même mon père sait très peu de choses de l’enfance de mon grand-père, très douloureuse et qui le faisait pleurer à grosses larmes si on évoquait quelques questions-souvenirs.

Alors Pap’ et Mam’ me parlent de ce que EUX ont pu apprendre des histoires ayant marqué la vie de leurs aïeux. J’espère que je serai en mesure d’en faire autant pour mes enfants, c’est tellement important je trouve.

Aujourd’hui, la mamie que j’apprends à connaître (depuis quelques années maintenant) est celle de Chéri. J’ai été très touchée il y a quelques mois quand elle m’a parlé de la mort de feu son mari. Un jour, comme ça, entre deux pelures de carottes. C’était la première fois que j’entendais cette histoire. J’ai en discuté avec Belle-Mam, elle a été très surprise que sa maman m’ait parlé de ça. Puis ses yeux se sont embués. J’étais embêtée, me suis excusée de remuer tout ça. Elle m’a rassuré, m’a dit que j’avais bien fait de demander. Parce que les petits-enfants (Chéri et sa fratrie) n’étaient pas au courant de cette véritable version, à la demande de la grand-mère.

Belle-Mam m’a expliqué que ses yeux embués n’étaient pas liés au souvenir de la mort de son père, mais au fait que l’Alzheimer de sa maman avance beaucoup ces derniers mois.  « Tu comprends, elle ne se rappelle même plus qu’elle ne l’a pas raconté à ses petits enfants et m’a interdit d’en parler ».

Les secrets de familles sont terribles à porter. Maintenant j’ai l’impression d’avoir un fardeau. Je n’en ai pas parlé à Chéri, il voudra savoir et va me cuisiner. Mais j’espère de tout coeur trouver les mots, plus tard pour mes enfants, neveux et nièces… Ne pas créer des secrets de famille qui n’ont pas lieu d’être. Ne pas évoquer de souvenirs aussi douleureux de façon si « détachée » (même si le détachement est fictif du fait de la maladie), mais construire l’histoire de la famille, la raconter à ceux qui en font partie et qui feront les générations suivantes… ne pas la balancer comme ça, entre deux pelure de carottes.

Retrouve les autres participations au RDV du lundi chez Zaza et Alice.

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Une Réponse to “Entre deux pelures de carotte”

  1. Alice 19 mai 2015 à 05:57 #

    Ho la la oui entre secrets de famille, confidences interposées et maladie, c’est compliqué :/
    La grand mère de L’Epoux aussi m’a confié beaucoup de son passé et c’est troublant.
    Merci d’avoir été là 😉

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