Premier bain

19 Juil

Je te racontais ici que j’avais officiellement trouvé un poste pour un an renouvelable, qui démarrera à la rentrée.

emploi

Hier, je suis donc allée sur le terrain, rencontrer ma future équipe et visiter les locaux. Et tester aussi mon temps de trajet puisque j’habite trèèèèèès loin.

Ahem, par quoi commencer? Bon je vais prendre dans l’ordre.

Le trajet:

Ma première idée était d’aller avec un vélo perso à la gare, de le garder avec moi dans le train, et de finir le trajet en vélo jusqu’à la crèche. J’avais essayé de repérer le trajet sur internet pour ne pas me paumer car je ne connais pas du tout la ville en question. Google Maps est mon ami. J’ai calculé le trajet en voiture, à pied, à vélo. Bref, le site me fait prendre des p’tits raccourcis à pied. A vélo aussi. La ville n’étant pas plate, j’ai préféré essayer tout à pied d’abord.

Donc je pars le matin, sans regarder le temps qu’il fait dehors mais ça a l’air orageux donc dans le doute je prends mon K-Way blanc tout moche, dit « le Fukushima » selon Chéri, parce que ça lui fait penser aux combinaisons anti-contamination (minute mode!) J’ai été bien inspirée car je me suis pris l’orage en route, et suis arrivée les cuisses complètement trempées à la gare, toute ruisselante. Je suis en effet allée à la gare avec les vélo Libélo de Valence car j’ai pris un abonnement. Heureusement, c’est les grandes vacances donc pas grand monde dans le train, j’ai pu m’étaler pour faire sécher mes affaires. Mais quand même, pour une première, j’ai été bien baptisée!

J’ai mis moins d’un quart d’heure pour arriver à la crèche, ayant pris soin de noter le nom de toutes les rues que je devais emprunter. Je me rassure en me disant que c’est tout à fait faisable comme ça tous les jours, ça me fera ma demi-heure de marche active quotidienne, le minimum pour rester en bonne santé paraît-il! Et puis soyons honnêtes, la ville où je vais travailler n’est pas du tout adaptée à la circulation des vélos, donc si c’est pour me faire klaxonner sans arrêt, merci bien. Et le trajet piéton que j’ai trouvé (soit dit en passant que Google Maps considérait également cyclable) commence par une grande montée en centre ville, puis une grande descente..d’escaliers! Non mais oh, je vais pas porter mon vélo moi hein! Et de toute façon, le quartier où je bosser n’est pas des plus sereins, j’aurais franchement eu peur de me faire piquer mon vélo, et pas possible de le rentrer dans les locaux de la crèche c’est trop petit. Je reste donc sur le mode abonnement vélo pour Valence puis train puis marche à pied. Bon ça fait quasi 1h30 de trajet, mais franchement vu que dans le train je peux lire, ou dormir!, je n’y vois pas d’inconvénient pour l’instant. Peut être que dans quelques mois j’en aurais marre, mais bon je fais une concession pour mon premier poste!

Les locaux

Il s’agit d’une micro-crèche, gérée par une collectivité territoriale. Elle pourra accueillir jusqu’à 9 enfants maximum à la fois, donc tu imagines bien que ce n’est pas un palace. La crèche se situe dans un appartement, au premier étage d’un immeuble, avec une terrasse de 15 mètres carrés complètement en vis à vis. Voilà pour l’extérieur! Il y a un square pas loin que nous pouvons utiliser, et la halte-garderie à deux pas, dont nous pourrons utiliser les locaux lorsque celle-ci est fermée.

Il y a deux dortoirs, dont un avec des couchettes que l’on pourra empiler si on veut se servir de la salle pour faire des rondes, de la motricité…

La buanderie a un coin change pour la toilette des enfants. Il y a une pièce fourre-tout: en gros il n’y a que deux tables d’enfants et des petites chaises: elles serviront pour les repas des enfants, les ateliers peinture ou tout autre proposition sur table… Mais c’est aussi une sorte de salle du personnel puisque c’est là que nous mangerons, à tour de rôle pendant notre pause.. sur une « table à hauteur d’adulte ». Tiens toi bien, cette table est le genre Ikéa, pliante, accrochée d’un pan au mur, et tu déplies l’autre pan pour avoir un bout de table. Accessoirement, cette table sera aussi mon bureau pour effectuer les quelques tâches administratives qui m’incomberont, grâce à un ordinateur portable rangé le reste du temps dans un des placards muraux. L’équipe met ses affaires dans un de ces placards donc la pièce sert aussi de vestiaire. Et dès ma visite, je ne me suis pas gênée pour demander à la directrice s’il est envisageable d’avoir des casiers qui ferment. Elle m’a dit que c’était déjà commandé et qu’on les aurait à la rentrée. Un des placards verra donc ses étagère disparaître et on y calerait dedans les casiers de l’équipe, histoire d’avoir au moins un petit espace personnel dans tout ça…

Je ne déchante pas, j’avais été prévenue hein… Mais bon ça fait quand même bizarre par rapport à mon lieu de stage long, qui était une crèche appartenant à une Maison de l’Enfance, où nous avions plein de salles variées et avec du matériel adapté. L’aménagement de l’espace va être sur mon lieu de travail vraiment un aspect sur lequel veiller au quotidien, mais bon c’est déjà le cas dans chaque structure petite enfance.

L’équipe

Je vais travailler avec trois personnes, qui je l’ai bien compris redoutent vraiment mon arrivée. J’ai l’impression d’être vue comme l’oeil de Moscou, ou peut être la rapporteuse? Bref, quelqu’un qui va un peu bousculer leur petite routine. En soi, elles ne sont pas contrariantes selon la directrice (qui je le rappelle travaille à la halte garderie à deux pas de là) Elles écoutent les conseils, font oui oui, mais ne les suivent pas forcément, ou alors seulement un temps et voilà… Le fait que je sois en continuité de direction va m’amener à être énormément en relation avec la directrice, et bien que je ne sois pas leur supérieure hiérarchique, elles semblent vraiment craindre mon arrivée et le rapport que j’aurai avec elles. Lors de ma visite, deux sur les trois m’ont limite ignorée, et la troisième s’est montrée très souriante, mais inquiète quand même. Elle avait les mains qui tremblent, je ne pense pas être quelqu’un d’intimidant, en tout cas cette personne m’a paru fragile, donc à ménager. Tout comme les deux autres évidemment, auprès de qui je vais devoir trouver ma place, et percevoir ainsi le juste milieu entre un peu de fermeté pour ne pas me laisser bouffer (parce que je suis une petite jeune et qu’elles semblent avoir entre 45 et 55 ans) et de la douceur pour apprivoiser chacune d’entre elles.

L’équipe de la halte-garderie a également fait la demande auprès de la directrice que j’intervienne aussi dans cette structure là, parce que finalement celle-ci qui est également éducatrice, est beaucoup en vadrouille pour les multiples réunions auxquelles elle doit participer.

Avec tout ça à prendre en compte, elle va devoir pondre un nouvelle grille d’horaires, et je crois qu’elle va bien s’arracher les cheveux. Du coup je risque de ne connaître mes horaires qu’à la rentrée, je prie pour avoir le moins de « coupés » possible.

L’agglo

La collectivité territoriale qui gère la structure est une communauté d’agglomération. Après plusieurs échanges par mail, une nana des ressources humaines a fini par m’appeler et me faire comprendre que je débarquais, en visiblement ne connaissant pas toutes les ficelles. Heu ben oui, x’cuz moi mais en effet je débute, pourquoi qu’est ce que j’ai loupé?

Il semblerait que je sois passée pour la nana venant d’une autre planète, alors que je qualifierais plutôt ma réaction de naïve. La semaine dernière, j’avais compris que je pourrai signer mon contrat le jour où je venais rencontrer l’équipe et visiter les locaux, histoire de pas faire le trajet 50 fois parce que rappelons le, je n’ai pas de salaire en ce moment, et que je n’habite pas la porte à côté!

Mardi, j’ai donc envoyé un mail à la nana en question pour lui dire que j’allais poster les pièces les plus importantes pour elle afin d’établir le contrat et qu’il soit prêt jeudi. C’est là qu’elle m’a rappelé en me disant « je crois que le fonctionnement de notre administration vous échappe » sur un ton de Madame-je-sais-tout, et en précisant que le courrier, même s’il arrivait à l’agglo le lendemain, ne serait entre ses mains que 2 ou 3 jours plus tard, car il passe par je ne sais combien de services et de mains avant cela, et de personnes plus haut placées qui le lisent… Bref, j’avoue, je ne pensais pas que c’était aussi compliqué. J’ai dit que du coup j’amènerai les documents le jeudi mais souhaitais une promesse d’embauche écrite, à défaut de pouvoir repartir avec mon contrat.

Et donc hier, en allant dans le bureau de la fameuse nana, j’ai eu droit à nouveau à un petit speech, genre c’est pas la peine de m’en vouloir, je ne peux pas faire autrement, le contrat doit être signé par le Président et Mme Machin, et vérifié par Truc Bidule… Je réponds poliment que j’ai bien compris au téléphone hier, que je ne la remets pas en cause du tout et que si j’insistais pour que le contrat soit prêt, c’était d’une pour m’éviter de multiplier les trajets (du coup on fera ça par courrier hein!) et de deux pour me rassurer aussi, histoire que ce ne soit pas seulement une validation orale. Mais la nana est repartie dans son sermon,  Blablabla vous verrez quand vous recevrez des stagiaires ou demanderez des choses pour votre structure, ça se fera pas comme ça en claquant des doigts, faudra être patiente, ça doit passer dans le bureau deTrucbidule, puis être validé par Gertrude et Fanfan… j’ai crû que j’allais pas m’en dépêtrer. Franchement j’avais l’impression d’être une petite fille et de recevoir mon premier avertissement. Mais bon, au moins je suis prévenue, ils se sentent vite débordés aux RH!

Après ça elle m’explique qu’elle n’a pas précisé sur la lettre de promesse d’embauche, mais que c’est pour un contrat d’un an « parce que vous êtes contractuelle et pas fonctionnaire, vous connaissez la différence? Parce que… » Là ça  commençait à sérieusement me gonfler, j’ai dit oui oui pas de souci (un peu sèchement, non mais ça va je ne suis pas si nouille que ça quand même!) et rajouté que l’adjointe m’avait expliqué, histoire qu’elle me lâche les basques, mais évidemment je connaissais le principe avant.

Voilà un peu pour les premières impressions…!

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6 Réponses to “Premier bain”

  1. Alice 20 juillet 2013 à 07:24 #

    En effet, il n’y a pas que du « rose » mais comme tout nouveau poste, sans doute…

    Quant aux relations avec tes futures collègues, je suis certaine que tu t’en dépatouilleras très bien!
    Alors maintenant profite de la liberté!

    • annabouba 20 juillet 2013 à 17:58 #

      Oui, j’ai bien l’intention de profiter de ce mois de vacances qu’il me reste à savourer avant l’entrée dans le monde du travail! Et même si les conditions m’effraient un peu, je ne veux pas faire ma difficile, et c’est pour ça aussi que je suis ravie d’avoir trouvé un CDD d’un an pour mon premier poste, ce qui est loin d’être le cas de toutes mes collègues de promo (beaucoup écument les remplacements avant de trouver un poste)

  2. Elsa Saône 20 juillet 2013 à 09:28 #

    Je ne connais pas non plus le fonctionnement des communautés de communes, mais dans les hôpitaux ça ressemblait un peu à ce que tu décris. Tout doit être vu par un million de personnes avant de finalement arriver jusqu’à toi. Ça pèse un peu parfois. C’est aussi souvent pour ça qu’on dit que l’Administration (avec un grand A) n’est pas très réactive. Parce que les procédures duuurent mille ans. Courage !
    Pour les collègues, es-tu sûre que c’est ta présence à toi qui les a intimidées ou la présence de l’autre directrice ? Parce que j’ai eu le cas au CMPP. Jme suis dis que tout le monde était hyper froid et finalement, quand on était plus qu’entre nous, tout s’est très bien passé. Wait and see.
    Pour le trajet, bon ok c’est long, mais la solution vélo+train+pieds me semble adaptée au parcours (avec des escaliers) que tu décris. Surtout si la crèche est microscopique.
    Gros bisous !

    • annabouba 20 juillet 2013 à 18:01 #

      Ah, les rouages de l’administration… Je comprends mieux pourquoi la CPAM met je ne sais combien de temps pour traiter les dossiers ^^
      Pour les collègues, ce sont les dires de la directrice. Ma maman qui travaille aussi dans le social m’a fait comprendre qu’il me faudra du temps pour gagner leur confiance, mais comme dans chaque équipe je pense.
      Pour le trajet, c’est faisable hein, les Parisiens ont beaucoup de temps de transport aussi et c’est leur quotidien. Si j’ai accepté le poste, c’est aussi que j’accepte de faire ce genre de sacrifices. C’est pour ça que ça m’exaspère quand certaines copines de promo me disent que j’ai « de la chance d’avoir trouvé un poste ». Ouais, mais mes cocottes, j’ai élargi mon périmètre de recherche aussi!

      • Elsa Saône 20 juillet 2013 à 20:24 #

        Absolument ! Surtout pour le premier poste je pense, il faut être un peu « prêt à tout » sinon on risque de n’avoir jamais rien.

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  1. je n’ai plus qu’à me trouver un banc… [défi du jeudi] | Les blablas de Bouba - 15 septembre 2013

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